Le 15 février 2010, il s’est produit un événement historique qui a pourtant eu peu d’échos dans les médias : le premier dépôt des demandes syndicales des 12 500 responsables de services de garde en milieu familial affiliés à la CSQ. Historique parce que c’est au terme d’une saga juridique qui aura duré plus de dix ans que ces femmes ont finalement obtenu le droit d’être reconnues comme salariées et donc de bénéficier de la couverture des normes minimales de travail. Historique parce qu’elles ont aussi obtenu le droit de s’associer et donc de se regrouper en syndicats lorsque le gouvernement Charest s’est trouvé acculé au pied du mur après plusieurs jugements favorables à l’exercice du droit fondamental d’association de ces femmes.

Le gouvernement avait toujours prétexté que la majorité de ces femmes souhaitaient demeurer des travailleuses autonomes pour justifier sa loi (la loi 8) qui leur interdisait la syndicalisation. Pourtant, plus de 80 % de ces femmes ont décidé de se syndiquer, dont une grande majorité à la CSQ.

Hier, rue Fullum, dans les bureaux du ministère de la Famille et des Aînés, des éducatrices sont allées déposer fièrement le cahier de leur demande syndicale issu d’une consultation qui s’est déroulée du 8 décembre 2009 au 19 janvier 2010 dans toutes les régions du Québec. Puisque ces femmes n’ont pratiquement aucun droit, tout est à négocier : la rémunération, le régime de retraite, le régime d’assurance, le droit à des congés, le régime d’assurance pour les accidents de travail, le retrait préventif, la formation continue et le remplacement, etc.

Il s’en trouvera sûrement pour prétendre que le gouvernement n’a pas la capacité d’offrir à ces femmes des conditions de travail décentes. Peut-être les mêmes qui ont prétendu, il y a quelques années, que l’équité salariale ruinerait l’État québécois. Ces femmes ont retrouvé une part de leur dignité quand elles ont obtenu le droit de s’associer. Elles doivent maintenant retrouver une autre part de leur dignité, celle de bénéficier de conditions de travail décentes.

Elles le méritent largement ! Après tout, elles font un travail des plus importants : prendre soin de nos enfants et contribuer à leur éducation.  C’est pour cela d’ailleurs qu’on les nomme responsables de services de garde en milieu familial. Elles ont en effet de grandes responsabilités. À nous maintenant, comme société, de le reconnaître et d’agir de façon responsable envers elles en leur permettant d’obtenir des conditions de travail à la mesure des responsabilités qui leur incombent.

Liens

La CSQ prête à déposer ses demandes au nom des 12 500 RSG

Les éducatrices en milieu familial réclament de meilleures conditions

Nouvelles CSQ, hiver 2010