Négocier pour tout le monde
Négociation 12 mars 2010Si certains anticipaient la fin du néolibéralisme avec la crise financière mondiale que nous avons connue en 2009, force est de constater qu’il en est tout autrement et qu’il ressurgit avec vigueur. Les propagandistes du moins d’État, du laisser-faire économique, du dénigrement des travailleuses et des travailleurs des services publics, de la création de la richesse pour quelques bien nantis et du resserrement de la sécurité intérieure sont revenus à l’avant-scène et plaident, sans scrupule, pour qu’on se serre la ceinture après qu’ils s’en sont mis plein les poches. C’est donc dire à quel point notre négociation devient une négociation pour tout le monde !
Un gouvernement canadien qui met un terme aux travaux du Parlement pour se soustraire aux questions embêtantes ; un gouvernement québécois soupçonné de corruption qui refuse une enquête publique ; un président américain qui se casse le nez sur sa réforme de la santé et une planète qui n’a pas su se refroidir à Copenhague sont autant de phénomènes qui nous révèlent le cynisme et l’insensibilité des décideurs financiers ainsi que l’avilissement de nos institutions démocratiques.
Mais comme si cela n’était pas assez, on voit les efforts et les campagnes menés par certains think tanks de droite et certaines grandes entreprises pour briser les syndicats. Nous n’avons qu’à penser aux études tendancieuses de l’Institut économique de Montréal, qui veulent faire croire que les syndicats freinent la croissance économique, ou encore, à Quebecor qui impose de durs conflits de travail à ses employés des Éditions du Réveil et du Journal de Montréal, ces derniers débutant leur deuxième année de lock-out.
On ne saurait parler de Quebecor sans glisser sur la convergence des médias. La concentration des organes de presse entre quelques propriétaires, tant à l’écrit qu’à l’électronique, a entrainé un sérieux déficit démocratique. On induit, de façon populiste, un programme politique de droite sans susciter une réflexion critique sur les impacts du désengagement de l’État. La porte est même fermée aux centrales syndicales dans tous les médias de Pierre-Karl Péladeau parce qu’elles refusent d’acheter de la publicité dans le Journal de Montréal. Il ne faut pas heurter Sa Majesté, car elle contrôle le royaume !
Cet acharnement à réduire au silence les organisations syndicales me convainc que nous sommes un sérieux obstacle à celles et à ceux qui considèrent les humains comme un appendice de chair dans leur structure financière idolâtrée. C’est donc avec fierté et investis d’un noble sentiment que nous négocions nos conditions de travail dans le secteur public, parce que ce sont aussi les conditions de vie du monde ordinaire.
Réjean Parent
Président
Un commentaire pour “Négocier pour tout le monde”
Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour publier un commentaire.











13 mars 2010 à 18 h 23 min
Très beau texte. Dommage que les médias de masse, possédés à 90 % par l’entreprise privée, passe un tout autre message. On dirait qu’à chaque fois que l’on tire la sonnette d’alarme, les néo-libéraux pèsent encore plus sur l’accélérateur.
Ce n’est pas si grave ; ils frapperont tout simplement plus fort le mur le moment venu…
Accord / Désaccord :
1
0