La parole de Jean Charest et son gouvernement vaut bien peu de choses lorsqu’il prétend que le Québec n’a plus les moyens de financer ses programmes sociaux et de mieux traiter les travailleuses et les travailleurs du secteur public.

Je m’explique.

Un sondage Léger Marketing-Le Devoir publié hier révèle que le taux d’insatisfaction des Québécois à l’égard du gouvernement Charest vient d’atteindre un sommet puisqu’il se situe maintenant à 70 %. Rien de surprenant quand on constate jusqu’à quel point ce gouvernement et son chef sont prêts à aller loin dans les faux discours afin de manipuler l’opinion publique pour arriver à leurs fins.

Il y a quelques semaines à peine, le ministère des Finances, avec la bénédiction de Raymond Bachand transformé pour l’occasion en Bonhomme Sept Heures, tentait de faire peur aux Québécois en publiant une étude gênante où l’on exagérait honteusement la situation financière du Québec en ne faisant référence qu’à la dette brute, omettant toute autre donnée économique. Faisant fi de toute intégrité intellectuelle et morale, notre ministère des Finances nous plaçait ainsi sur le même rang que la Grèce, dont la situation financière cause actuellement de graves maux de tête à l’Europe entière.

La couleuvre du Bonhomme Sept Heures

Ça, c’était la version propagandiste du gouvernement Charest qui doit négocier avec les 500 000 travailleuses et travailleurs du secteur public et qui juge donc utile de faire peur au bon peuple pour avoir l’opinion publique de son bord pour cette opération délicate. Et puisque pour ce gouvernement la fin justifie les moyens, alors il n’y a pas de mal à manipuler les chiffres pour maquiller la réalité.

Malheureusement pour Jean Charest, la couleuvre qu’il voulait nous faire avaler était cette fois-ci un peu trop grosse. En effet, au cours des jours suivants, plusieurs économistes, sérieux cette fois-ci, se sont empressés de redresser la vérité pour présenter les finances publiques du Québec sous leur vrai jour : en termes d’endettement net, le Québec fait mieux que 6 des pays du G7. Nous sommes donc loin d’être sur le bord du chaos économique, comme veut bien le laisser croire le Bonhomme Sept Heures du Conseil des ministres, Raymond Bachand.

Un Québec redevenu plus prospère en quelques jours

Curieusement, pas plus tard que dimanche dernier, le gouvernement Charest, par la voix de nul autre que le premier ministre, tenait un tout autre discours. Il fallait entendre Jean Charest, sur les ondes du réseau Corus dans le cadre de l’émission la Tribune parlementaire, vanter la bonne performance économique du Québec.

Plus rien ne transpirait du pessimisme du ministre des Finances dans les propos du premier ministre. Au contraire, le Québec évolue à nouveau sous un ciel économique rose et prometteur de prospérité. Un taux de chômage de 8,1 %, plus bas que la moyenne canadienne. Et 37 300 emplois créés depuis février 2009, pendant que le Canada en perdait 16 000 et les États-Unis 3 297 000. Foi de Jean Charest, tout va pour le mieux au Québec sur le plan économique.

Il faut dire qu’avec toutes les mauvaises nouvelles qui tombent sur la tête de ce gouvernement depuis quelques jours (crise des urgences, demande d’enquête publique dans l’industrie de la construction, retour des accommodements raisonnables, tour de Babel en éducation, etc.), Jean Charest s’est probablement senti rattrapé par la réalité et a jugé que c’en était assez pour les mauvaises nouvelles… au risque de mettre en péril son propre gouvernement.

Un gouvernement qui ment comme il respire

Qu’à cela ne tienne, Jean Charest a décidé d’oublier son Bonhomme Sept Heures et préfère annoncer aux Québécois le retour de la prospérité économique… espérant sans nul doute que tout le monde aurait oublié le discours apocalyptique de son ministre des Finances présenté il y a quelques jours.

Ce qu’il faut retenir de tout cela est bien simple. Ce gouvernement ment comme il respire lorsqu’il s’agit d’arriver à ses fins et n’hésite pas à manipuler les données pour mieux tromper l’opinion publique.

Négociez maintenant !

S’il y a un message qu’il faut envoyer à ce gouvernement, c’est celui-ci : arrêtez la manipulation et négociez, maintenant !