Il est heureux que le gouvernement ait enfin décidé de s’attaquer à la garde illégale et de resserrer les règles d’attribution des places subventionnées avec la présentation d’un projet de loi qui est actuellement à l’étude en commission parlementaire. Plusieurs événements malheureux remettaient en cause la qualité des services. Le gouvernement avait l’obligation d’agir.

Mettre fin aux situations inacceptables dans les garderies privées

Les situations inacceptables dans les garderies privées et mises en lumière dans plusieurs médias, notamment les allégations de favoritisme dans l’obtention de places subventionnées, les pratiques illégales de surfacturation et l’apparition de chaînes de garderies commerciales, ont eu pour effet non seulement d’entacher la réputation des services de garde, mais aussi de rappeler le manque criant de place.

Des milliers de parents sont au désarroi et n’ont d’autres choix que de laisser leurs enfants dans des services de garde non régis, non surveillés et souvent hors de prix où la qualité laisse très souvent à désirer.

Créer de nouvelles places dans le réseau public

De nouvelles places devraient être octroyées le plus rapidement possible aux CPE et aux services de garde en milieu familial. Il ne s’agit pas d’une question idéologique, à savoir si l’on est pour ou contre le secteur privé, mais d’une question de qualité comme le démontre l’étude de l’Institut de recherche sur les politiques publiques.

Vous comprendrez aussi mon étonnement lorsque j’entends les « pseudo-visionnaires » du Réseau Liberté-Québec et les tenants de la droite dire qu’il faudrait mettre la hache dans le réseau des services de garde sous prétexte que le Québec n’en a pas les moyens.

Ces déclarations sont simplistes. Il ne faut pas voir là une dépense pour le gouvernement, mais bel et bien un investissement rentable pour la société et cela à bien des niveaux. Dans un premier temps, cela a permis à des milliers de femmes d’accéder au marché du travail et cette augmentation du taux d’emploi a eu un effet positif sur la réduction des écarts entre les revenus disponibles des familles riches et des familles pauvres.

Dans un deuxième temps, l’intervention précoce, notamment dans les quartiers défavorisés, entraîne des effets bénéfiques qui se font sentir tout au long du parcours scolaire, de la vie. L’intervention en bas âge est l’un des éléments-clés de la lutte au décrochage scolaire et, par le fait même, cela aura aussi des répercussions positives sur le taux d’emploi.

Enfin, en cette période où l’on nous annonce des pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs en raison des multiples départs à la retraite, il est impératif de faciliter l’accès au marché du travail pour les mères de famille.

Pour moi, le problème du financement des services de garde se situe à d’autres niveaux, notamment du côté des garderies commerciales non subventionnées qui exigent des tarifs très élevés tout en remettant des reçus d’impôt. Cette situation coûte de plus en plus cher à l’État et risque de s’amplifier avec le remboursement mensuel qui sera disponible sous peu.

La ministre James a donc une belle occasion de faire oublier le passage dévastateur de son prédécesseur Tony Tomassi et de démontrer le penchant de son gouvernement envers un fort système public de garderie.


Liens

Assemblée nationale, projet de loi 126

Étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde menée par l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP)

Mémoire de la CSQ sur le projet de loi 126

Les CPE : un modèle en péril ?, article de Luc Allaire publié dans L’Aut’Journal