Garderies : pour un renforcement du réseau public
Éducation, Société 18 novembre 2010
Il est heureux que le gouvernement ait enfin décidé de s’attaquer à la garde illégale et de resserrer les règles d’attribution des places subventionnées avec la présentation d’un projet de loi qui est actuellement à l’étude en commission parlementaire. Plusieurs événements malheureux remettaient en cause la qualité des services. Le gouvernement avait l’obligation d’agir.
Mettre fin aux situations inacceptables dans les garderies privées
Les situations inacceptables dans les garderies privées et mises en lumière dans plusieurs médias, notamment les allégations de favoritisme dans l’obtention de places subventionnées, les pratiques illégales de surfacturation et l’apparition de chaînes de garderies commerciales, ont eu pour effet non seulement d’entacher la réputation des services de garde, mais aussi de rappeler le manque criant de place.
Des milliers de parents sont au désarroi et n’ont d’autres choix que de laisser leurs enfants dans des services de garde non régis, non surveillés et souvent hors de prix où la qualité laisse très souvent à désirer.
Créer de nouvelles places dans le réseau public
De nouvelles places devraient être octroyées le plus rapidement possible aux CPE et aux services de garde en milieu familial. Il ne s’agit pas d’une question idéologique, à savoir si l’on est pour ou contre le secteur privé, mais d’une question de qualité comme le démontre l’étude de l’Institut de recherche sur les politiques publiques.
Vous comprendrez aussi mon étonnement lorsque j’entends les « pseudo-visionnaires » du Réseau Liberté-Québec et les tenants de la droite dire qu’il faudrait mettre la hache dans le réseau des services de garde sous prétexte que le Québec n’en a pas les moyens.
Ces déclarations sont simplistes. Il ne faut pas voir là une dépense pour le gouvernement, mais bel et bien un investissement rentable pour la société et cela à bien des niveaux. Dans un premier temps, cela a permis à des milliers de femmes d’accéder au marché du travail et cette augmentation du taux d’emploi a eu un effet positif sur la réduction des écarts entre les revenus disponibles des familles riches et des familles pauvres.
Dans un deuxième temps, l’intervention précoce, notamment dans les quartiers défavorisés, entraîne des effets bénéfiques qui se font sentir tout au long du parcours scolaire, de la vie. L’intervention en bas âge est l’un des éléments-clés de la lutte au décrochage scolaire et, par le fait même, cela aura aussi des répercussions positives sur le taux d’emploi.
Enfin, en cette période où l’on nous annonce des pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs en raison des multiples départs à la retraite, il est impératif de faciliter l’accès au marché du travail pour les mères de famille.
Pour moi, le problème du financement des services de garde se situe à d’autres niveaux, notamment du côté des garderies commerciales non subventionnées qui exigent des tarifs très élevés tout en remettant des reçus d’impôt. Cette situation coûte de plus en plus cher à l’État et risque de s’amplifier avec le remboursement mensuel qui sera disponible sous peu.
La ministre James a donc une belle occasion de faire oublier le passage dévastateur de son prédécesseur Tony Tomassi et de démontrer le penchant de son gouvernement envers un fort système public de garderie.
Liens
Assemblée nationale, projet de loi 126
Étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde menée par l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP)
Mémoire de la CSQ sur le projet de loi 126
Les CPE : un modèle en péril ?, article de Luc Allaire publié dans L’Aut’Journal
2 commentaires pour “Garderies : pour un renforcement du réseau public”
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19 novembre 2010 Ã 17 h 47 min
Bonjour,
Félicitation pour votre texte de nature idéologique.Je suis en accord avec vos dires.
Cependant, je me vois dans l’obligation de vous rapporter mes inquiétudes face au côté pratique des négociations en cours.
En effet, j’ai lu le bilan des dernières journées de négos avec le gouvernement et l’impression que ca m’a donné, c’est que le gouvernement rie de nous les RSG. Il semble même y avoir un recul dans les gains réalisés antérieurement.
Par conséquent, en allant sur le forum de l’adim, j’ai observé un changement dans l’attitude des participantes. Il y règne un sentiment de découragement voir-même de résignation. Plusieurs d’entre-elles seraient prêtes à accepter les offres patronales car d’après leurs dires, elles ne peuvent plus assumer les coupures de salaire que les moyens de pressions amènent.
Toutefois, une idée est sortie de ces échanges. Il sagit de faire la grève mais en débrayant seulement quelques heures par jours tous les jours ou quelques jours consécutifs. Ainsi il serait plus facile de composer avec les coupures de salaire et la pression des parents serait telle que le gouvernement serait obliger de bouger.
Or, une RSG a contacté sa délégué de l’adim de Montréal afin de lui expliqué ce qui se discutait sur le forum et l’inviter à lire les opinions des RSG sur le sujet.
La réponse de la déléguée fut que cela ne l’intéressait pas ce qui se discutait sur le forum. Pire encore, le même son de cloche est venu de la présidente de l’adim Montréal!!!
Déjà que beaucoup de RSG se sentent rejetées du processus décisionnel, se sentent isolées et très peu informées de ce qui se passe, ce n’est rien pour aider le sentiment d’appartenance et de solidarité de celles-ci!!!
J’en viens à me demander, suite à l’entente de principe du 13 octobre dernier des 120 milles syndiqués CSQ faisant partie du front commun, si nous RSG n’avons pas été sacrifiées sur l’autel des négociations.
Je crois qu’il est impératif de trouver une solution de concert avec les RSG sur les moyens de pression à venir car je crois à la lumière des écrits que j’ai lu que plusieurs RSG ne débraient plus du tout faute d’argent. Beaucoup dont moi sommes d’avis qu’il faudrait frapper un grand coup ou ca fait mal sans arrêt jusqu’à ce que le gouvernement soit plus enclin à règler!!!
Merci d’accorder cet espace aux syndiquées afin qu’elle puissent se faire entendre.
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28 mars 2012 Ã 16 h 19 min
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