Harper, le Robin des Bois de la financeL’histoire de Robin des Bois n’a manifestement pas frappé l’imaginaire de Stephen Harper. Comme chacun sait, ce héros anglais du Moyen Âge détroussait les riches pour rendre aux pauvres les impôts injustement prélevés. Stephen Harper, lui, fait exactement l’inverse. Ce grand défenseur des banques et des pétrolières offre de généreux cadeaux fiscaux aux riches pour ensuite demander aux moins nantis de sacrifier une plus grande partie de leurs maigres revenus pour assurer leurs vieux jours. C’est du moins ce que l’on peut comprendre des déclarations du premier ministre qui annonçait aux Canadiens, depuis Davos en Suisse, qu’il allait devoir piger dans leur retraite pour maintenir à flot les finances de l’État.

Prendre aux pauvres

Le premier ministre, se vantant de sa bonne gestion économique, nous annonçait, en compagnie du gratin des plus grands financiers et hommes d’affaires de ce monde, que la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti subiraient des changements majeurs, ceci afin de limiter la croissance des dépenses. Notre valeureux premier ministre vient tout juste de se rendre compte que le vieillissement de la population – annoncé depuis des lunes par les démographes – et l’allongement de l’espérance de vie – une réalité bien connue de tout bon élève du secondaire – allaient faire croître de façon significative les dépenses liées à la Sécurité de la vieillesse. En clair, la classe moyenne et les plus démunis vont y goûter ! Devant l’explosion des coûts, il n’y aurait plus d’autres choix possibles que de piger effrontément dans les revenus des retraités.

Donner aux riches

Plus tôt cette semaine, le Congrès du travail du Canada (CTC) dévoilait une étude qui démontrait que, depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le gouvernement conservateur a diminué le taux d’imposition des entreprises de 21 % à 15 %. Si vous trouvez ces chiffres trop abstraits, sachez que chaque baisse de un point de pourcentage de ce taux fait perdre deux milliards de dollars de revenus par année au Trésor public. Le gouvernement conservateur a toujours justifié cette politique rétrograde en arguant que les baisses d’impôt allaient relancer les investissements et créer ainsi des emplois pour le bon peuple. Or, l’étude du CTC démontre que les sociétés ont tout simplement remis les économies d’impôt aux actionnaires ou les ont engrangées en liquidités, et c’est là le principal intérêt de cette étude.

La stratégie du gouvernement de baisser les impôts des sociétés pour permettre une stimulation de l’économie a été un lamentable échec démontré depuis belle lurette. Et maintenant que les coffres de l’État se vident d’année en année à une vitesse effarante, devinez qui va payer pour cela…

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